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Sans titre

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2015 2999C DxOFP Precisa DEF

 

Berck-Plage, 23 novembre 2012. 16h13

 

 

La barque est à sec sur la grève. Cet homme à nouveau marche au bord du bleu où il ne s'en va plus. Ce n'est plus le soleil du large, mais le temps qui creuse son visage. Il a remisé ses filets : il n'y prendra plus de poisson d'or, encore moins de sirène. Il travaille à présent entre des murets de pierres sèches. Il rentre quand il fait grand vent. Son dos se voûte, son pas est lourd. De la mer, il lui reste la pensée, et des lointains une espèce de blessure dans le regard, un tremblement léger des mains, une façon d'absence ou de distraction quand autour de lui on s'agite. Jamais vraiment là, en fin de compte, même s'il a repris pied sur le sol, comme si cette histoire n'était pas tout à fait la sienne. Jamais véritablement revenu de là où il n'est pas allé, de là vers où il n'a fait que partir, jamais revenu de ces lieux que l'on n'atteint pas. Âme et corps séparés, habillé de grosse toile, il promène sa silhouette bleue jusqu'au jour, jusqu'au soir où il s'en ira. 

 

 

L'instinct de Ciel, Jean-Michel Maulpoix

 

 

 

 

 

 

 

 

 Elle aimait les couleurs lyriques de Zao Wou-Ki, le visible et l'imaginaire de Julius Baltazar, les galeries d'art entre la rue Dauphine et la rue de Seine, les traces d'encre déployées de François Cheng, de Carlson, d'Hassan Massoudy. 

Tous ne parlaient que d'une seule chose. du mouvement. de la danse.

Moi, je regardais simplement ses cheveux dans le vent et souriais, quand, au creux de moi, nous marchions dans la foule à grand pas. 

Il y a tant à oublier d'un être, Aimé.